Follow:
Accueil, L'art d'être parents, Livres, jouets et Jeux, Loisirs

Chanson douce, mon avis

chanson-douce-avis-leila-slimani-nozenfantscheris

Au début c’est dérangeant, au milieu c’est un peu ennuyant et à la fin c’est angoissant. Pathétiquement réaliste, c’est ainsi que je qualifie le nouveau roman Chanson Douce de Leila Slimani. Voilà enfin un livre où l’on pointe du doigt (au travers de conséquences dramatiques) un sujet qui concerne bien des familles à Paris : la garde d’enfants à domicile. Si vous suivez mon blog, vous savez que je me suis déjà exprimée sur le sujet ici par exemple. Jules notre aîné n’ayant connu que ce mode de garde pendant 3 ans faute de place en crèche.

Je pense que toute personne qui a eu recours à ce type de mode garde sera prise comme moi d’un sentiment de malaise dès le début du livre, c’est cela qui me pousse à qualifier ce roman de pathétique. Pour l’aspect réaliste disons que c’est l’identification fort aisée pour qui est déjà passé par là qui me pousse à employer ce terme.

Ajoutez à cela un décor planté en plein 10e à Paris, à quelques rues de chez nous, hum je peux vous dire qu’à plusieurs reprises le récit m’a rappelé des situations que nous avons connues (l’épisode du recrutement, se retrouver employeur, accepter de confier la chair de sa chair à une parfaite inconnue qui plus est passera ses journées chez vous….).

Pour l’histoire, pas de suspens puisque le début commence par l’épilogue : on apprend dès les premières pages le drame du décès des enfants. Paf, ça plante l’ambiance lourde qui caractérise finalement le livre.

Quant au récit, il se veut froid comme si l’auteure ne voulait pas cautionner l’attitude des parents emportés chacun par une ambition peut-être égoiste et aveuglante. Ces parents, Myriam et Paul, qui nous agacent parfois même : que dire de cette nécessité d’emmener la nounou en vacances en Grèce ? Quoi penser de ces parents qui ne semblent pas voir d’inconvénient à ce que la nounou invitent les enfants un soir au restau pour ne rentrer que très tard dans la soirée….

Bref, tout le livre durant on angoisse pour les enfants dont on connaît le sort fatal en les observant et en sachant qu’ils sont gardés par une désaxée.

Ce livre a fait remonter la petite révolte que j’ai nourrie pendant un paquet de temps à savoir l’injustice que nous subissons nous jeunes parents de devoir (surtout à Paris) avoir recours à ce mode de garde faute d’autre solution .

Nous n’avons jamais rien eu à reprocher à la nounou de Jules. Elle était gentille, honnête et s’occupait très bien de notre fils. Contrairement à Myriam, j’ai toujours considéré qu’elle était une nounou et non notre domestique. Jamais nous ne lui avons demandé de faire du ménage, les courses ou même de préparer les repas de Jules (je n’ai jamais osé lui demander pour le simple et bonne raison que je n’avais jamais rien dans le frigo…).

Depuis 2 ans, nous connaissons la crèche avec Tom. Un univers douillet dont le personnel est professionnel, bienveillant, à l’écoute.Tom ne passe pas 1h le soir assis dans une poussette. Tom n’est pas contraint de subir le rythme d’un autre enfant avec lequel il serait gardé. Tom explore avant ses 3 ans la vie en communauté loin d’un parc bruyant et crado. Tom fait de la pâte à sel, de la peinture, de la pâte à modeler avec ses copains.

Je le répète souvent, nous sommes parfaitement conscients de notre chance d’avoir eu cette place en crèche. Une inconnue qu’il faut recruter, sonder, scruter pour s’assurer qu’on ne se trompe pas. Je trouve que c’est une sacrée responsabilité qu’on met sur le dos des parents en fait.

Comme le décrit Leila Slimani dans son livre, je suis désormais cette maman qui observe de loin au parc à 16h30 les nounous. Je vois bien qu’elles n’aiment pas ça. Peu importe. Si ma présence les oblige à un peu plus de vigilance, tant mieux.

L’ autre sujet du livre lui, me laisse perplexe et m’interpelle car il pose la question de savoir si dans un couple avec enfants, les 2 parents peuvent se permettre d’avoir une grande ambition pour accomplir pleinement leur vie pro ? Est-ce possible sans que les enfants n’en subissent les conséquences ?

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi dans un monde idéal , j’aimerais que le code du travail légifère pour que la fin d’une journée de travail sonne à 17h pour que tous les parents puissent s’occuper de leurs enfants au moins après l’école et ainsi avoir un temps suffisamment quali pour profiter d’eux…Bon après, faudrait aussi une loi qui obligerait les enfants à être très très sages entre 17h et 20h tous les soirs hein….

Et vous ? Si vous avez lu ce livre, qu’en avez vous pensé ?

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Share:
Previous Post Next Post

You may also like

No Comments

Leave a Reply